vendredi 25 octobre 2013

L'engouement pour la course; petite reflexion

Plus tôt ce matin, je suis tombée sur ce texte d'un club de course à pied. Très intéressant et ça s'imbriquait bien dans une réflexion que je poursuis depuis un petit bout. C'est un fait, depuis quelques années, la course à pied gagne énormément en popularité, tout comme le vélo de route.
 
De plus en plus de gens courent ou de plus en plus de gens s'inscrivent à des courses? C'est en gros ce qui est soulevé dans l'article, si vous n'êtes pas encore allé le lire. Et c'est une très bonne question. Cet été, lors d'une rencontre avec des amis, coureurs de longue date, on avait la discussion suivante: "S'il y a beaucoup plus de coureurs aujourd'hui, il n'y a pas vraiment plus de bons coureurs. La façon de courir a changé. Il y a vingt ans, on courrait pour s'entraîner, quand on avait atteint un certain niveau, on pensait faire une course. Ensuite, on en faisait pour voir le progrès, voir ce que notre entraînement donnait. Maintenant, on s'inscrit à une course, on va s'acheter des souliers et on commence à courir pour la faire cette course". Tangente confirmée début août, quand les pubs du marathon du coin ont commencé à apparaître dans les journaux locaux, sur mon fil d'actualités Facebook, les confirmations d'inscriptions aux différentes distances(surtout le 5 et le 10) se sont multipliées. Chez certains pour relever un défi, pour d'autres parce que l'employeur défrayait le coût d'inscription et  plein d'autres raisons. Sûrement aussi pour plusieurs; faire partie de la gang, pour être à la mode. Parce que oui, c'est la mode courir, avouons-le.
 
Plusieurs ont couru pendant les six ou huit semaines qui les séparaient  de cet immanquable dimanche venteux du début octobre. Plusieurs se sont blessés. Plusieurs se sont auto-diagnostiqués blessures et traitements. Certains sont devenus experts auto-proclamés. Certains ont agit sous les bons conseils d'un autre expert plus ou moins auto-proclamé.("T'sais, il connaît ça, il a fait deux 21km cet été"). Depuis presque trois semaines, ces nombreux coureurs ont majoritairement déserté les rues de ma petite ville. Quand je fais ma sortie, je ne croise plus que les vieux de la vieille. Ceux que je vois sur le circuit de course depuis des années, ceux qui me parlent de "quand je travaillais au gym"... Pu vraiment de nouveaux visages. Je croise les mêmes que je croisais l'hiver dernier(et celui d'avant). Parce que s'ils sont des milliers sur la ligne de départ de la promenade en octobre; le circuit régional, bien qu'il ait connu une hausse, compte ses coureurs en centaines et ce sans avoir besoin d'un trop gros boulier.
 
Si on peut assez facilement trouver à lire que c'est merveilleux de voir autant de gens divorcer pour quelques heures par semaine du divan familial afin d'aller flirter avec des souliers de courses, la chose demande à mon avis réflexion. Est-ce qu'à long terme l'impact sera vraiment positif sur la santé des gens? La progression à long terme, la périodisation de l'entraînement, l'entraînement bien structuré et adapté, c'est aussi rare que ce l'était il y a dix ans.  Peu de coureurs s'entraînent bien, de façon à performer le jour de la course. Peu de coureurs courent sur une base régulière, à long terme. Est-ce que dans 10 ans, cet engouement aura créé une meilleure santé globale dans la population? J'aimerais beaucoup répondre oui mais je crois sincèrement que non. Je crois que cette popularité doit causer au moins autant de blessures et de problèmes qu'elle aura améliorée la condition de certains.
 
Je ne dis pas que c'est mal de s'inscrire à une course. Je ne dis pas que cela ne devrait pas être une motivation. Je pense par contre que ça ne devrait pas être la principale motivation de départ pour chausser les souliers. Je pense qu'il serait vraiment avantageux (plutôt que de courir cinq fois semaine pendant plus ou moins deux mois par an), de prendre l'habitude de courir, ne serait-ce que vingt minutes, deux fois par semaine pendant quelques mois, puis peut-être une troisième fois ou trente minutes. Puis une quatrième. Bref, d'intégrer la course à votre mode de vie, que ça en devienne une partie intégrante . Que ce ne soit pas un passage qui devient trop envahissant, dont on se tanne et qui apporte son lots de blessures. Je ne peux pas être contre le fait d'être actif. Par contre, je suis contre le fait de faire les choses de la mauvaise façon ou sous une mauvaise garde. De saines habitudes de vie, ça s'adopte petit à petit, sans grandes bousculades. C'est là, qu'à moyen-long terme, c'est payant sur la santé globale. Dans vingt ans, ce n'est pas le vo2max que vous aurez atteint pendant deux semaines malgré la périostite et le syndrome de bandelette qui refusaient de vous quitter, qui va améliorer votre qualité de vie, c'est le niveau de santé globale que vous aurez atteint et maintenu tout ce temps.
 
Il y a beaucoup d'experts de la course. Malheureusement, peu ont vraiment les connaissances requises. Lire un livre de course ne fait de personne un expert. Certes, on peut y retrouver d'excellente base, mais c'est la base. Un entraînement efficace, c'est adapté. Ça tient compte des caractéristiques de la personne. Même chose pour les blessures, ça peu "ressembler à" sans être la même chose. J'ai lu tellement de blessures impossible depuis un an, (mauvais nom de lésion jumelé avec une mauvaise localisation), traitements douteux(voir ridicule)... Quelques fois, je me demande  si certaines blessures ne sont pas elles aussi à la mode. Tout ça fait que je m'interroge plus sur les coûts reliés à cet engouement, que je me réjouis de ses bienfaits.
 
Ma réflexion ne vise personne en particulier, c'est mon constat global. Je me dis juste que tant qu'à se donner la peine de courir, aussi bien se donner la peine de bien le faire...pour vous et votre santé.

1 commentaire:

  1. Merci pour le lien, mais aussi l'excellente poursuite de la réflexion!

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